(Rédigé durant le voyage aller-retour dans les Alpes, ce qui peut expliquer la longueur du texte. Rien ne vous oblige à cette fastidieuse lecture, vous pouvez aussi vous contenter de prendre connaissance des chapitres dignes de votre intérêt)
Genèse du projet :
Après la Diagonale de Fous à La Réunion, l’émergence d’un nouveau défi semblait inéluctable. Plusieurs facteurs ont orienté ce choix pour l’Ironman de Roth :
- Tout d’abord, l’influence des bons échos rapportés par Alain P., Dom.G. et Gd Phil.E. (du T.C.A.) qui ont eu le mérite de finir l’édition 2005, ainsi que Richard S. (du B.E.S.T.) qui finit de motiver Eric S. (du B.E.S.T. et T.C.A.) déjà attiré par ce type d’épreuve, après avoir assisté au Triathlon d’Embrun.
- L’idée émanant d’Eric de monter un dossier pour une éventuelle demande de subvention auprès du C.O.S. de la ville de Saint-Nazaire.
- En parallèle, la création d’une association par David P. (employé à l’époque à la Ligue de Tri des Pays de Loire) dans le but d’organiser un voyage et hébergement en groupe, en proposant en amont une planification d’entraînements et des sorties collectives tels que le duathlon de St-Jean ou le tri de Vendôme
Après une longue hésitation due à mon handicape en natation et à des douleurs articulaires, j’adhère tardivement à l’association rejoignant ainsi les 2 David (Rivron. et Baude), quant au 3ème David (Boudon), J.Ch.P., le Gd Phil E. et Eric S., ils décident de s’inscrire individuellement. Dommage !
La préparation :
Durée : 6 mois (du 02/01 au 02/07) pour ma part sans boire le moindre verre d’alcool !
M’inspirant dans un 1er temps du plan de David P. pour enchaîner sur celui des sœurs Mouthon (16 semaines avec 7 à 9 séances hebdomadaires), on essaie de se regrouper pour s’entraîner afin de rompre la monotonie des longues séances en solo. Je découvre l’esprit sympa des grandes cyclos sportives. La nage en mer vient progressivement remplacer les séances en piscine. La prépa est lourde mais passe relativement bien, est-ce un signe ?
Le voyage et le séjour :
N’aimant guère prendre la route, je redoutais un si long voyage. En disposant de 3 véhicules spacieux, climatisés et confortables, il n’en fut rien, à part quelques soucis de vessie.Est-ce le stress qui provoqua ces arrêts pipi dans l’urgence ? Arrivés non loin de notre lieu d’hébergement, une confusion perso de nom de bourgade sur la carte valut une réservation non honorée de 16 couverts dans une pizzeria ! Pas bien…
Nos conditions de séjour s’avèrent superbes : confort, calme, légendaire propreté germanique. Nous bénéficions de surcroît du contexte de la coupe du monde, assistants à la qualif de l’Allemagne, puis de la France pour les ½ finales.
Les derniers préparatifs :
Le retrait des dossards en fin de matinée du vendredi dénote déjà de l’organisation sans faille. Le nombre de stands d’équipements de triathlètes regroupés dans le village est impressionnant, seul « Overstim’s » n’est pas représenté ! J’en profite pour acquérir un réservoir d’eau à placer sur le prolongateur du guidon, installé dans l’après-midi par David P. Ce qui, par le fait, résoudra mon problème de position « repos » sur le vélo. Encore merci à David P. qui, avec sa charmante Christine, ont su résoudre tous les soucis d’intendance et de logistique.
Le samedi, en compagnie des 2 triathlètes de St-Jean de Monts, à l’inverse du reste du groupe, nous décidons de faire l’impasse sur le « breafing », mais pas sur le breakfast pour une petite séance d’1h (vélo + C.à P.) Bonnes sensations, sans plus ! Dernières prises de tête avec la préparation des 3 sacs bien distincts, entre coupées d’une sieste. Premiers frissons lors du dépôt des vélos dans un parc géant.
Après un plein de glucides, suivons la 1ère mi-temps de nos footeux sur écran géant, puis la 2ème en position allongée dans notre chambre (partagée avec les 2 Dav.). Commençant à piquer du nez avant la fin du match, je réalise subitement que je n’ai plus … mon permis de conduire (+ 40 euros) dans mon sac à dos !! Vlà le gars raid énervé pour une bonne partie d’une bien courte nuit.
Le Jour J :
Réveil aux aurores et petit déj sportif dans la hâte. Circulation fluide pour se rendre sur le site de départ. Suis dans ma bulle, paradoxalement concentré et relâché, réfléchissant encore au déroulement des transitions, n’entendant même pas les hymnes, ni les départs des vagues précédentes…
La natation :
…Si bien que lorsque je me retrouve les pieds dans l’eau, je suis persuadé qu’on dispose d’un temps d’échauffement, qui me permettra de régler mes lunettes jamais utilisées. Que né ni ! Après quelques mouvements de brasse, je me retourne pour constater mon isolement. En fait, ils se sont tous précipités sur la ligne de départ qui est donné toutes les 5’ avant même que tout le gros de la vague soit réuni sur la ligne. Bien incapable de rejoindre le moindre nageur pour bénéficier de l’aspiration, mes lunettes prenant l’eau, je longe le rivage en suivant un couple qui marche lentement sur la berge. L’impression de me traîner lamentablement se confirme lorsque je me fais enrhumer par bon nombre de la vague suivante. Malgré quelques instants de complexe, je n’ai pas d’autres solutions que de prendre mon mal en patience pour ressortir de l’eau en 1h30, soit 2 fois + de temps que le 1er. Bien qu’ayant investi dans la dernière combine « Orca », du poisson, je n’ai que le signe astral !
Le vélo :
8 longues minutes de transition s’écoulent avant d’enfourcher, rageur, mon vélo, bien isolé dans le parc de ma vague. A peine le temps de boire à la paille une 1ère fois dans mon bidon placé entre mes prolongateurs de guidon qu’aux 1ères bouches d’égout, j’en perd le bouchon filtrant. Conséquence, obligé de me forcer à boire le reste du bidon pour ne plus me faire arroser les jambes de cette collante boisson. Après la galère dans l’eau, vais-je subir aussi en vélo ? Il n’en sera rien. Motivé par cet incident, j’engage une longue poursuite contre le temps perdu, en ayant bien retenu qu’il importe de garder de la fraîcheur pour la 2ème boucle et surtout pour le marathon. Au début, je ne double que des numéros de dossards bien supérieurs au mien. Cependant, j’éprouve de bonnes sensations, loin toutefois d’être euphorique, restant lucide pour apprécier à la fois la chaleureuse ambiance à chaque traversée de bourgade et la disponibilité des bénévoles à chaque ravitaillement. Sur la 2ème boucle, parvenant à maintenir mon rythme, je commence à doubler des gars de notre « écurie », mieux côtés que moi. !!
Le marathon :
Le hasard fait que pour la transition (7’), je me retrouve assis à côté du Gd Dav.R., puis que je prenne sa place dans un des « chiottes chimiques ». Contre toute attente : seul pipi caca de cette longue épreuve. Ayant du m’arrêter à plusieurs reprises lors des grandes cyclos de prépa, j’appréhendais de devoir concéder du temps à ces besoins.
Aux 1ères foulées, les jambes ne se dérobent pas mais ne disposent guère de tonus. Partir lentement mais sûrement ! En fait, je n’ai point le choix. Au fil des kms, ne cessant de doubler aveuglement (n’ai vu le 1er panneau qu’au 35ème km), mais croisant des têtes connues, l’allure augmente progressivement si bien que seuls, à présent, me passent certains porteurs de dossards du relais, avec un « S » sur le mollet. Après avoir rejoint le gd Dav, l’objectif est de revenir sur Eric, parti 5’ avant moi, dans la vague précédente. Il me manquera une grosse poignée de secondes pour espérer finir la main dans la main. Sitôt l’arrivée franchie, je le rejoins pour…s’envoyer un sérieux de bière tant attendu. Alors que nous trinquons fièrement debout à notre réussite, je réalise, qu’autour de nous, bon nombre de concurrents apparaissent abattus, vidés. Notre état de fraîcheur relative semble vouloir confirmer notre bonne préparation, tout en n’ayant pas complètement puisé dans nos réserves. En considérant chacun nos déboires, il en résulte que nous aurions pu mieux faire.
L’après course :
La salle de massage et le ravitaillement final sont impressionnants. Il y en a pour tous les goûts. Cependant, tout le monde n’apprécie pas, certains sont victimes de malaise ou de vomissement. Un petit détour par le poste de secours pour mettre du collyre dans mon œil (infecté par l’eau stagnante dans mes lunettes de nage) me permet de constater l’hécatombe : une quarantaine de triathlètes sous perf. Comparativement à la Diagonale des Fous où les raideurs finissent momifiés, très peu ont recours aux injections. Bien que nous ne soyons pas dans les mêmes filières et dans le même type de défi physique, peut-être y a t il lieu de s’interroger à la fois sur la gestion de l’effort et la préparation adéquate. Sujet abordé dans la nuit, après avoir refait la course dans ma tête, à défaut d’avoir pu faire la fête le soir même, faute de combattants
Le lendemain :
Retour sur le site pour récupérer les vélos. Convivial petit déjeuner trop généreux (pillage) avant la remise des récompenses. Ecourtée, pour ma part, parti à pied à la recherche éventuelle de mon permis de conduire (qui sera retrouvé seulement 8 j. + tard dans un sac à dos resté au domicile !) Certains en profitent pour poser avec le vainqueur. Des comparaisons de chrono incitent à relativiser notre performance. Une petite bière de l’amitié avant de rejoindre notre camp de base. Pas parvenu à convaincre quiconque sur le bien fondé d’une récup en faisant tourner les jambes, contraint de prendre seul du plaisir à rouler une bonne vingtaine de kms. Après un déjeuner dans nos cuisines respectives (une seule tablée aurait été encore + sympa), visite en soirée de Nuremberg ponctué d’un resto bien mérité où nous découvrons la cuisine locale. Certains s’attarderont sur une jolie place transformée en lieu de concert. Ambiance là encore très conviviale.
BILAN :
Au sein d’un collectif d’une quinzaine d’adultes, la convivialité a pris un grand pas sur la promiscuité, même si parfois, le phénomène de groupe génère une certaine lenteur. Cette association a permis de riches échanges notamment autour des expériences de chacun, de se rassurer mutuellement, d’apprécier les qualités de chacun. Hormis bien sûr Dav.P. et Christine, chef(s) du projet, je dédierai une mention particulière à J.Phil.P. pour son accueil dans sa belle demeure de Vertou, à Vincent et sa jovialité (qui également pompier, aurait l’âge de mon fils), à Lionel pour ses massages salutaires et à Alain pour sa gentillesse, sa disponibilité et sa remarquable humilité.
Les échanges ne devraient pas en rester là puisque François B. a eu la bonne idée de nous réunir autour d’un barbecue en septembre et que la majorité d’entre nous est prêt à renouveler l’opération. Reste à définir de concert le choix du prochain Ironman. Pour ma part, j’aurai un faible pour Lanzarote, même si l’enveloppe budgétaire s’avère nettement plus lourde (une semaine dans l’île s’impose). A propos d’aspect pécunieux, un seul regret : nous n’avons pas été bons dans la vente des polaires. David P. nous fera sans doute un bilan financier. Dès à présent, nous comptons encore sur notre commercial (avec son « franc parlé allemand ») pour nous trouver une destination tout aussi agréable et si possible à moindre frais. Pas exigeant le gars !!
Merci à vous tous pour l’assistance témoignée au doyen des ligériens qui manque parfois de modestie mais qui a semblé rester humble dans l’effort exigé par un tel challenge.